{"id":2308,"date":"2014-06-03T14:52:32","date_gmt":"2014-06-03T14:52:32","guid":{"rendered":"http:\/\/www.internationaldiplomat.com\/?p=2308"},"modified":"2014-06-03T14:52:32","modified_gmt":"2014-06-03T14:52:32","slug":"abdoulaye-diop-le-tout-nouveau-ministre-des-affaires-etrangeres-malien-etait-lonu-il-sest-exprime-devant-le-conseil-de-securite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/12h71.com\/?p=2308","title":{"rendered":"Abdoulaye Diop le tout nouveau ministre des Affaires  \u00e9trang\u00e8res malien, \u00e9tait \u00e0 l\u2019ONU. Il s\u2019est exprim\u00e9 devant le   Conseil de s\u00e9curit\u00e9."},"content":{"rendered":"<p><strong>Q : Quelle est la situation sur le terrain. Les forces de l\u2019ONU<\/strong> <strong>et la force Serval font-elles leur travail ? Quel est votre<\/strong> <strong>sentiment ?<\/strong><br \/>\nR : La situation est complexe. Aujourd\u2019hui, seule la moiti\u00e9 du dispositif est en place. Les forces onusiennes sont d\u00e9ploy\u00e9es \u00e0 50-60%. Elles devraient comporter 12,000 hommes. L\u2019ONU fait face \u00e0 d\u2019\u00e9normes d\u00e9fis car elle n\u2019a pas la logistique n\u00e9cessaire, en termes de transport, communication et surveillance a\u00e9rienne. Nous avons re\u00e7u il y a quelques jours, 5 h\u00e9licopt\u00e8res d\u2019attaque, donn\u00e9s par les Pays-Bas, ce qui permettra de donner de la puissance aux forces en place. Le point de loin le plus important, porte sur un d\u00e9ploiement plus robuste de la force, dans les zones \u00e0 risque, essentiellement les zones du Nord du pays.<br \/>\n<strong>Q : On a reproch\u00e9 \u00e0 la force Serval d\u2019avoir chass\u00e9 les groupes<\/strong> <strong>terroristes hors de certaines zones, mais de ne pas s\u2019\u00eatre<\/strong> <strong>pr\u00e9occup\u00e9e de leur devenir. Ce qui pourrait constituer un<\/strong> <strong>danger pour le Mali.<\/strong><br \/>\nR : Je pense qu\u2019il est facile de critiquer. Beaucoup d\u2019op\u00e9rations d\u2019envergures ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es par la force Serval, conjointement avec les forces arm\u00e9es maliennes et onusiennes. Dans un certain nombre de zones, des groupes terroristes ont \u00e9t\u00e9 traqu\u00e9s. Certains ont \u00e9t\u00e9 \u00e9limin\u00e9s et d\u2019importants stocks d\u2019armes ont pu \u00eatre r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s. N\u2019\u2019oubliez pas qu\u2019on parle d\u2019une zone qui fait probablement cinq fois la France, quant au Nord du Mali, il fait trois fois la taille de la France. Les d\u00e9fis logistiques sont \u00e9normes. C\u2019est pourquoi il est important que Serval poursuive son travail. Il est important que les forces de l\u2019ONU soient en nombre suffisant pour se concentrer sur les zones qui posent probl\u00e8mes. Principalement les 3 r\u00e9gions du nord. Il faut s\u2019occuper de la s\u00e9curit\u00e9 parall\u00e8lement au processus politique. Il me semble cependant important que l\u2019arm\u00e9e malienne puisse recevoir l\u2019appui logistique et technique n\u00e9cessaire pour faire son travail. C\u2019est notre arm\u00e9e, c\u2019est notre pays que nous voulons d\u00e9fendre.<br \/>\n<strong>Q : Etes-vous d\u2019accord avec les africains qui disent que si<\/strong> <strong>l\u2019Afrique avait les moyens logistiques pour se d\u00e9fendre, elle ne<\/strong> <strong>ferait pas appel aux forces \u00e9trang\u00e8res. C\u2019est ce que m\u2019a dit le<\/strong> <strong>pr\u00e9sident Ouattara lorsque je l\u2019ai interview\u00e9.<\/strong><br \/>\nR : Je suis d\u2019accord avec le pr\u00e9sident Ouattara sur le principe que pour chaque pays, -que ce soit en Europe ou aux Etats- Unis, &#8211; la s\u00e9curit\u00e9 d\u2019un pays doit reposer sur le pays, ou \u00e0 d\u00e9faut sur la r\u00e9gion. Je pense que c\u2019est aux maliens et aux africains d\u2019assurer leur propre s\u00e9curit\u00e9. En sommes nous-l\u00e0 ? Non. Au Mali, nous aurions voulu faire le travail nous-m\u00eames ou \u00e0 d\u00e9faut, nous aurions voulu que les forces de la CEDEAO ou la force africaine puissent le faire. Elles n\u2019avaient pas les moyens logistiques n\u00e9cessaires pour d\u00e9ployer leurs troupes au- del\u00e0 de leurs fronti\u00e8res. Je sais qu\u2019il y a des d\u00e9marches en cours avec la CEDEAO et l\u2019Union Africaine pour avoir des forces pr\u00e9-positionn\u00e9es et pour renforcer la capacit\u00e9 des forces africaines en logistique et en communication. Mais, et vous le comprendrez, cela n\u00e9cessite une formation, des ressources financi\u00e8res et humaines qui ne sont pas tout \u00e0 fait pr\u00eates aujourd\u2019hui. Le Mali ne pouvait pas attendre. Nous saluons l\u2019intervention fran\u00e7aise et nous reconnaissons son impact sur le pays. Sans cette intervention, nous ne parlerions pas du Mali, en tout cas, pas dans le sch\u00e9ma que nous avons actuellement. Je pense qu\u2019il nous faut \u00eatre r\u00e9aliste. Compte tenu de l\u2019imminence de la menace qui pesait sur le Mali et sur Bamako, nous sommes reconnaissants de cette intervention fran\u00e7aise. En m\u00eame temps, nous pensons que, dans le long terme, il faut que l\u2019arm\u00e9e malienne soit structur\u00e9e afin de prot\u00e9ger et d\u00e9fendre le pays. Elle doit \u00eatre capable de faire face aux menaces et dans le futur, pouvoir travailler avec les forces africaines. L\u2019Afrique doit assurer sa s\u00e9curit\u00e9. C\u2019est l\u2019objectif ultime que nous recherchons. Naturellement, des partenaires comme les Etats-Unis, la France, l\u2019Union Europ\u00e9enne, le Japon ou d\u2019autres, ont leur place en termes de soutien. Je pense que la vision de la d\u00e9fense du continent doit \u00eatre africaine. Les autres partenaires peuvent venir partager leur exp\u00e9rience et nous soutenir. Ils ne doivent pas faire le travail \u00e0 la place des Africains. Entre temps et en attendant que nous soyons pr\u00eats, nous faisons avec ce qui existe.<br \/>\n<strong>Q : L\u2019Afrique est un continent riche. Ne pensez-vous que<\/strong> <strong>l\u2019Afrique aurait eu les moyens de cr\u00e9er cette force africaine<\/strong> <strong>depuis longtemps ?<\/strong><br \/>\nR : C\u2019est une question difficile. Si cette force n\u2019est pas disponible actuellement, sur le papier, des projets ont \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9s. Vous savez, beaucoup de pays africains font face \u00e0 des d\u00e9fis existentiels \u2013s\u00e9curit\u00e9 alimentaire des populations, \u00e9ducation, promotion du d\u00e9veloppement \u00e9conomique. Les moyens qui sont en jeu pour aider \u00e0 assurer la d\u00e9fense dans d\u2019autres pays africains, a un co\u00fbt exorbitant pour les pays africains qui font d\u00e9j\u00e0 beaucoup de sacrifices. Prenons le cas des troupes tchadiennes ou nig\u00e9rianes et les sacrifices que ces pays font pour pouvoir intervenir sur des th\u00e9\u00e2tres d\u2019op\u00e9rations tels que le Mali, c\u2019est \u00e0 saluer. Ce n\u2019est pas assez, je le sais. Ce qui s\u2019est pass\u00e9 au Mali devrait \u00eatre une sorte d\u2019alarme pour tout le monde, y compris pour les maliens, afin que nous puissions aller beaucoup plus rapidement que les plans initiaux qui avaient \u00e9t\u00e9 dessin\u00e9s. L\u2019urgence est l\u00e0, et la menace est r\u00e9elle. Si nous essayons de mutualiser nos forces, (je suis certain que nous ne ferons pas faire exactement ce que font les grandes puissances,) l\u2019Afrique sera en mesure de pouvoir assurer progressivement la s\u00e9curit\u00e9 des populations africaines.<br \/>\n&nbsp;<br \/>\n<strong><em>Propos recueillis par C\u00e9lhia de Lavar\u00e8ne<\/em><\/strong><br \/>\nNew York 2 juin 2014<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Q : Quelle est la situation sur le terrain. Les forces de l\u2019ONU et la force Serval font-elles leur travail ? Quel est votre sentiment ? R : La situation est complexe. Aujourd\u2019hui, seule la moiti\u00e9 du dispositif est en place. Les forces onusiennes sont d\u00e9ploy\u00e9es \u00e0 50-60%. Elles devraient comporter 12,000 hommes. 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