{"id":2963,"date":"2015-10-28T04:37:44","date_gmt":"2015-10-28T04:37:44","guid":{"rendered":"http:\/\/www.internationaldiplomat.com\/?p=2963"},"modified":"2015-10-28T04:37:44","modified_gmt":"2015-10-28T04:37:44","slug":"cervin-absolu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/12h71.com\/?p=2963","title":{"rendered":"Cervin absolu"},"content":{"rendered":"<p><div id=\"attachment_2964\" style=\"width: 207px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/www.internationaldiplomat.com\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/Cervin_couv.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2964\" class=\" wp-image-2964\" src=\"http:\/\/www.internationaldiplomat.com\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/Cervin_couv-150x150.jpg\" alt=\"Cervin absolu. Copyright. 2015. Editions Slatkine, Geneve.\" width=\"197\" height=\"198\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2964\" class=\"wp-caption-text\">Cervin absolu. Copyright. 2015. Editions Slatkine, Geneve.<\/p><\/div><br \/>\n<div id=\"attachment_2965\" style=\"width: 212px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/www.internationaldiplomat.com\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/Portrait-B.-Aymon_\u00a9collection-B.Aymon-Small.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2965\" class=\" wp-image-2965\" src=\"http:\/\/www.internationaldiplomat.com\/wp-content\/uploads\/2015\/10\/Portrait-B.-Aymon_\u00a9collection-B.Aymon-Small-150x150.jpg\" alt=\"\u00a9collection B.Aymon \" width=\"202\" height=\"202\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2965\" class=\"wp-caption-text\">\u00a9collection B.Aymon<\/p><\/div><br \/>\n&nbsp;<br \/>\n<em>Where there is a Will, there is a Way<\/em><br \/>\n(Charles Hudson)<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nBeno\u00eet Aymon est bien connu des t\u00e9l\u00e9spectateurs suisses puisqu\u2019il produit et anime depuis plus de 22 ans l\u2019\u00e9mission culte de la RTS, \u00ab\u00a0Passe-moi les jumelles\u00a0\u00bb, qui nous fait d\u00e9couvrir les plus beaux paysages de nos r\u00e9gions. \u00c9galement alpiniste, il a abandonn\u00e9 un instant le piolet pour la plume afin de partager avec nous dans son premier roman sa passion de toujours\u00a0: le Cervin, <em>Cervin absolu<\/em>.<br \/>\nDeux h\u00e9ros tiennent le premier r\u00f4le, le Cervin lui-m\u00eame, montagne mythique\u00a0; et l\u2019Anglais Edward Whymper, le premier \u00e0 l\u2019avoir gravi le 14 juillet 1865. Beno\u00eet Aymon pense que tout le monde conna\u00eet l\u2019histoire de l\u2019exploit et de la trag\u00e9die qui a suivi cette ascension. Ce n\u2019est pas si s\u00fbr. Rappelons donc les faits. Apr\u00e8s plusieurs tentatives infructueuses par le versant italien, Whymper se joint \u00e0 un groupe de six hommes port\u00e9s par le m\u00eame projet, vaincre le Cervin du c\u00f4t\u00e9 suisse\u00a0: trois guides exp\u00e9riment\u00e9s, les Taugwalder p\u00e8re et fils de Zermatt; Michel Croz de Chamonix\u00a0; et trois touristes anglais, le r\u00e9v\u00e9rend Charles Hudson avec son ami Robert Hadow, et Lord Douglas, jeune noble de 18 ans. Ces intr\u00e9pides touristes ont tous une grande exp\u00e9rience de la montagne, sauf Hadow. Damant le pion \u00e0 une cord\u00e9e qui tente l\u2019ascension le m\u00eame jour du c\u00f4t\u00e9 italien, Whymper et ses compagnons atteignent sans trop de difficult\u00e9 le sommet du Cervin. M\u00fb par une grande agitation, Whymper se pr\u00e9cipite seul sur la cime et nargue l\u2019autre exp\u00e9dition en faisant rouler des pierres. Au retour, c\u2019est le drame\u00a0: le jeune Hadow, qui grimpait en bottines de ville (on peut les voir expos\u00e9es au mus\u00e9e de Zermatt), glisse et entra\u00eene dans sa chute trois des alpinistes, Douglas, Hadow et Croz.<br \/>\n\u00ab\u00a0Whymper touche le fond d\u2019une mortifiante solitude. <em>Le Cervin s\u2019est montr\u00e9 pour nous un adversaire acharn\u00e9. Longtemps il a r\u00e9sist\u00e9\u00a0; il nous a port\u00e9 plus d\u2019un coup redoutable. Vaincu avec une facilit\u00e9 qui n\u2019e\u00fbt pu \u00eatre pr\u00e9vue, comme un impitoyable ennemi terrass\u00e9, mais non an\u00e9anti, il tire une terrible vengeance de sa d\u00e9faite<\/em>.\u00a0\u00bb<br \/>\nAlors la l\u00e9gende peut commencer\u00a0: qui a fait quoi\u00a0? Qui est fautif\u00a0? Quelqu\u2019un aurait-il coup\u00e9 la corde pour sauver sa vie\u00a0? Qui\u00a0? La corde, la fameuse corde, c\u2019est la pi\u00e8ce ma\u00eetresse du mus\u00e9e de Zermatt. On peut y voir aussi le livre de pri\u00e8res que le r\u00e9v\u00e9rend Hudson a emport\u00e9 dans sa chute, et que l\u2019on a retrouv\u00e9 enfoui sous les glaces.<br \/>\nS\u2019ensuit une enqu\u00eate b\u00e2cl\u00e9e, laissant les rescap\u00e9s meurtris, chacun avec sa v\u00e9rit\u00e9.<br \/>\nAymon ne se contente pas de relater la trag\u00e9die maintes fois publi\u00e9e et comment\u00e9e, mais r\u00e9alise gr\u00e2ce \u00e0 son roman une plong\u00e9e dans l\u2019\u00e9poque. On d\u00e9couvre le milieu \u00e9triqu\u00e9 et s\u00e9v\u00e8re des Whymper (les conflits entre le p\u00e8re graveur et le fils r\u00eaveur)\u00a0; le Londres des ann\u00e9es 1860 ( <em>l\u2019Alpine Club<\/em> et les bureaux de la r\u00e9daction du <em>Times<\/em>)\u00a0; les Alpes fran\u00e7aises, suisses et italiennes quand d\u00e9bute l\u2019alpinisme. On d\u00e9couvre aussi un Valais assez mis\u00e9rable o\u00f9 l\u2019on croise encore des goitreux\u00a0; Whymper se plaindra d\u2019ailleurs des auberges insalubres et des invasions de puces\u00a0!<br \/>\n\u00ab\u00a0Le Valais est entr\u00e9 tardivement dans la modernit\u00e9, notamment avec la construction des barrages dans les ann\u00e9es 60\u00a0\u00bb, nous pr\u00e9cise Beno\u00eet Aymon, lui-m\u00eame valaisan.<br \/>\nEn partant des textes de Whymper, essentiellement <em>Escalades dans les Alpes<\/em>\u00a0qu\u2019il cite abondamment, Aymon dresse le portrait de l\u2019alpiniste anglais, arrogant et ambitieux, mais aussi g\u00e9nial et h\u00e9ro\u00efque, qui encha\u00eene avec une folle fr\u00e9n\u00e9sie les sommets de pr\u00e9f\u00e9rence vierges, n\u2019apaisant jamais sa soif d\u2019escalade puisque, apr\u00e8s les Alpes et la trag\u00e9die de Zermatt, il ira encore conqu\u00e9rir les montagnes sud-am\u00e9ricaines.<br \/>\nAymon nous confie\u00a0: \u00ab\u00a0les gens comme Whymper sont des handicap\u00e9s affectifs, il n\u2019y a pas de place pour les autres, pour <em>une autre<\/em>, sa seule v\u00e9ritable ma\u00eetresse aura \u00e9t\u00e9 le Cervin\u00a0\u00bb.<br \/>\nMais pour donner un peu d\u2019humanit\u00e9 \u00e0 ce g\u00e9ant obsessionnel, Aymon lui invente pr\u00e9cis\u00e9ment une ma\u00eetresse, Jeanne, gouvernante fran\u00e7aise au service des Whymper. Autre pr\u00e9sence f\u00e9minine, r\u00e9elle cette fois, celle de Ethel, la fille de Whymper, fruit d\u2019un mariage tr\u00e8s tardif (il a 65 ans) et malheureux avec une femme de 44 ans sa cadette\u00a0!<br \/>\nCe regard sur ces deux femmes \u2013 qui, dans la fiction, iront plus tard sur les traces de Whymper \u00e0 Zermatt \u2013 est l\u2019une des originalit\u00e9s du livre, ce qui lui donne son aspect romanesque, m\u00eame si l\u2019histoire du Cervin est \u00e0 elle seule un roman.<br \/>\nAymon nous rappelle d\u2019ailleurs qu\u2019il y eut aussi des femmes alpinistes au 19e si\u00e8cle, et qui gravissaient les pentes dans leurs habits\u2026 d\u2019\u00e9poque\u00a0!<br \/>\nAu d\u00e9part, <em>Cervin absolu<\/em>\u00a0devait \u00eatre un sc\u00e9nario de film. Mais Aymon ne semble rien regretter\u00a0: \u00ab\u00a0 Si on avait suivi toute la r\u00e9alit\u00e9 des faits, il n\u2019y aurait pas eu de femmes, et \u00e7a aurait \u00e9t\u00e9 ennuyeux\u00a0!\u00a0\u00bb.<br \/>\nAujourd\u2019hui, le Cervin fascine toujours\u00a0: \u00ab\u00a0Depuis sa premi\u00e8re ascension, le 14 juillet 1865, le Cervin ne finit pas d\u2019entretenir sa l\u00e9gende. Chaque ann\u00e9e, en moyenne, une douzaine de personnes y laissent leur vie\u00a0\u00bb. Dans le cimeti\u00e8re de Zermatt attenant \u00e0 l\u2019\u00e9glise sont align\u00e9es les tombes d\u2019alpinistes de toutes les nationalit\u00e9s. Sur l\u2019une d\u2019elles, on peut lire\u00a0: \u00ab\u00a0<em>I chose to climb<\/em>\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0j\u2019ai choisi de grimper\u00a0\u00bb.<br \/>\nQuand il parle du Cervin, les yeux de Beno\u00eet Aymon brillent. Il l\u2019a d\u00e9j\u00e0 gravi\u00a0; l\u2019a photographi\u00e9 des milliers de fois. Zermatt, o\u00f9 il se rend r\u00e9guli\u00e8rement, \u00ab\u00a0c\u00e9l\u00e8bre\u00a0\u00bb le 150e anniversaire de la premi\u00e8re ascension avec une exposition dans son mus\u00e9e. Les touristes et les skieurs ont donc aussi un devoir de m\u00e9moire\u00a0: Zermatt n\u2019aurait peut-\u00eatre jamais exist\u00e9 et connu la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 sans Whymper et les touristes et alpinistes anglais. Alors, pour ceux qui ne connaissaient pas l\u2019histoire, pr\u00e9f\u00e9rant les pistes et l\u2019apr\u00e8s-ski, il ne leur reste qu\u2019\u00e0 lire <em>Cervin absolu<\/em>.<br \/>\n<strong>Jean-Michel Wissmer<\/strong><br \/>\n&nbsp;<br \/>\n&nbsp;<br \/>\nBeno\u00eet Aymon, <em>Cervin absolu<\/em>, Gen\u00e8ve, Slatkine, 2015.<br \/>\nCopyright: 2015. Editions Slatkine, Gen\u00e8ve<br \/>\n&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Where there is a Will, there is a Way (Charles Hudson) &nbsp; Beno\u00eet Aymon est bien connu des t\u00e9l\u00e9spectateurs suisses puisqu\u2019il produit et anime depuis plus de 22 ans l\u2019\u00e9mission culte de la RTS, \u00ab\u00a0Passe-moi les jumelles\u00a0\u00bb, qui nous fait d\u00e9couvrir les plus beaux paysages de nos r\u00e9gions. \u00c9galement alpiniste, il a abandonn\u00e9 un<br \/><a class=\"moretag\" href=\"https:\/\/12h71.com\/?p=2963\">+ Read More<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2077,2078],"tags":[],"class_list":["post-2963","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-francais","category-geneva-international"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/12h71.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2963","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/12h71.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/12h71.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/12h71.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/12h71.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2963"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/12h71.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2963\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/12h71.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2963"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/12h71.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2963"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/12h71.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2963"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}