{"id":8265,"date":"2011-10-05T17:38:19","date_gmt":"2011-10-05T17:38:19","guid":{"rendered":"http:\/\/www.internationaldiplomat.com\/?p=788"},"modified":"2011-10-05T17:38:19","modified_gmt":"2011-10-05T17:38:19","slug":"revivre-la-patrie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/12h71.com\/?p=8265","title":{"rendered":"Revivre la Patrie"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.internationaldiplomat.com\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/shutterstock_62341357.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-38\" alt=\"International Newspapers\" src=\"http:\/\/www.internationaldiplomat.com\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/shutterstock_62341357-300x225.jpg\" width=\"300\" height=\"225\" \/><\/a>La Patrie n\u2019est pas un lieu g\u00e9ographique in\u00e9luctable d\u00e9fini par les lois de la nature ou par les imp\u00e9ratifs de la vie. Elle est la demeure de l\u2019amour premier, la demeure de l\u2019enfance, celle du premier bonheur. La Patrie est l\u2019endroit o\u00f9 nos c\u0153urs se r\u00e9fugient, la demeure du souvenir. Quant \u00e0 l\u2019amour de la patrie ou le tourment amoureux, il est souvent exacerb\u00e9 en exil o\u00f9 le retour de la m\u00e9moire devient plus fort que la fuite dans un pr\u00e9sent illusoire. Ces r\u00e9flexions n\u2019auraient jamais \u00e9t\u00e9 concevables avant la lecture d\u2019un livre paru en Arabe dont je donne ci-apr\u00e8s de courts extraits en Fran\u00e7ais\u00a0; contredisant ainsi mon principe de ne jamais traduire de la litt\u00e9rature. Mais \u00e0 chaque r\u00e8gle son \u00e9clatante exception.<br \/>\nJe n\u2019ai pas l\u2019habitude, sauf cataclysme, de traduire de la litt\u00e9rature. La litt\u00e9rature ne se traduit pas. La litt\u00e9rature se vit, surtout la Po\u00e9sie. Traduire de la po\u00e9sie est une tentative d\u2019assassinat. Il faut la dire, en public, dans un silence impos\u00e9. La dire lui restitue toute sa splendeur, dans les deux langues\u00a0: la source et la destination. Un voyage aller retour dans la Beaut\u00e9. Je n\u2019ai pas pu r\u00e9sister \u00e0 extirper ces mots d\u2019un livre \u00e9crit en Arabe. Un texte qui m\u2019a explos\u00e9 \u00e0 la figure, de part et d\u2019autre dans le livre, telle une kyrielle de bombes \u00e0 retardement. Ce livre parle d\u2019Alg\u00e9rie, d\u2019amour, de souffrance, d\u2019exil, d\u2019endroits, de solitude, de mort et surtout d\u2019une patrie \u00e0 jamais perdue. Une patrie qui vit en nous, une patrie dont gardons l\u2019image du dernier jour avant le d\u00e9part. Ce jour restera \u00e0 tout jamais le jour du souvenir premier\u00a0:<br \/>\n\u00a0\u00bb Je veux t\u2019aimer ici, dans une demeure telle ton corps, con\u00e7ue comme une maison andalouse. Je veux fuir avec toi ces villes construites comme des bo\u00eetes, loger ton amour dans une demeure qui te ressemble, suivant les courbes de ta f\u00e9minit\u00e9 arabe. Une demeure o\u00f9 se cache derri\u00e8re ses arcs, ses rondeurs et ses dessins mon souvenir premier. Une maison o\u00f9 le jardin sommeille dans l\u2019ombre d\u2019un citronnier g\u00e9ant, un citronnier qui ressemble \u00e0 ceux plant\u00e9s par les Arabes dans leurs demeures andalouses. Je veux m\u2019asseoir \u00e0 tes c\u00f4t\u00e9s, comme je reste ici devant ce petit ruisseau o\u00f9 nagent des poissons rouges, te regarder, surpris. Je sens ton corps comme je respire l\u2019odeur du citron m\u00fbri avant terme. Toi mon fruit d\u00e9fendu. Devant chaque arbre, je te d\u00e9sire. *** Le d\u00e9sir est une simple question mentale. Une pratique imaginaire, tout simplement. Une illusion qui nous cr\u00e9ons dans un moment de folie o\u00f9 nous tombons en esclavage devant une seule personne que nous consid\u00e9rions d\u2019une splendeur absolue pour une raison obscure voire totalement \u00e9trang\u00e8re \u00e0 la logique. Ainsi na\u00eet un d\u00e9sir d\u2019une source inconnue qui nous ram\u00e8ne \u00e0 un autre souvenir, \u00e0 la senteur d\u2019un autre parfum, \u00e0 un autre visage. Un d\u00e9sir fou qui na\u00eet dans un autre endroit \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du corps. Il na\u00eet de la m\u00e9moire ou peut-\u00eatre de l\u2019inconscient, des choses myst\u00e9rieuses d\u2019o\u00f9 tu t\u2019es gliss\u00e9e un jour, sur la pointe des pieds. Te voil\u00e0 devenue la plus splendide, la plus d\u00e9sir\u00e9e. Te voil\u00e0 portant toutes les femmes en toi. \u00a0\u00bb **<\/p>\n<hr \/>\n<p>* Extrait du Temps perp\u00e9tuel &#8211; Alex Caire &#8211; 2009 ** Extraits de \u00ab\u00a0M\u00e9moire du Corps\u00a0\u00bb &#8211; Ahlem Mosteghanemi &#8211; Dar Al\u2019 Adab &#8211; Beyrouth- 1988 &#8211; pages 218 et 385.<br \/>\n<strong>Alex Caire, po\u00e8te, critique litt\u00e9raire<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Patrie n\u2019est pas un lieu g\u00e9ographique in\u00e9luctable d\u00e9fini par les lois de la nature ou par les imp\u00e9ratifs de la vie. Elle est la demeure de l\u2019amour premier, la demeure de l\u2019enfance, celle du premier bonheur. La Patrie est l\u2019endroit o\u00f9 nos c\u0153urs se r\u00e9fugient, la demeure du souvenir. 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